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  1. Tache bactérienne - Laitues
  2. Bacterial leaf spot
  3. Bactérie : Xanthomonas axonopodis pv. vitians (syn. Xanthomonas campestris pv. vitians)

Brûlure marginale et taches sur feuille de laitue

Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

© Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

Information reliée à l'image
Une feuille de laitue (cv 'Green Towers') montre une brûlure marginale brune progressant en forme de « V » sur le limbe. Les nervures secondaires dans la partie distale sont brunes à noires. Les tests de laboratoire ont révélé la présence de la bactérie Xanthomonas axonopodis pv. vitians, responsable de la tache bactérienne chez la laitue.
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Généralités
Chez la laitue, la tache bactérienne est causée par deux bactéries pathogènes soient Pseudomonas cichorii et Xanthomonas axonopodis pv. vitians (syn. X. campestris pv. vitians, X. hortorum pv. vitians). Pseudomonas marginalis pv. marginalis, P. viridiflava et P. fluorescens biotype II sont considérées comme des bactéries opportunistes ou de faiblesse qui envahissent des tissus blessés. Les conditions favorables au développement des bactéries sont une température et une humidité élevées. L’eau est essentielle aux bactéries, car elle permet de se multiplier, de se déplacer sur de courtes distances grâce à leurs flagelles et d’entrer dans les tissus par les blessures ou les orifices naturels.

La bactérie X. axonopodis pv. vitians était surtout observée dans les régions chaudes, mais depuis le début des années 2000, elle est en recrudescence dans les régions productrices de laitues et une maladie importante. Xanthomonas axonopodis pv. vitians affecte les légumes et quelques mauvaises herbes. Chez les astéracées, elle affecte tous les types de laitue, particulièrement la laitue romaine et Boston, la chicorée et l’endive. Les symptômes sont plus difficiles à voir sur les laitues à feuilles rouge. Les plants affectés qui sont emballés pour la mise en marché développent rapidement de la moisissure grise (Botrytis cinerea) et les bébés laitues, dont la densité de plantation est très élevée, sont très sensibles au développement rapide de cette maladie. Le développement de cette bactérie peut être enclenché dès que l’irrigation par aspersion est utilisée. La maladie est occasionnelle, mais sévère, pouvant causer des pertes économiques importantes.
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Symptômes
Plantule (transplant) : présence de taches humides sur les cotylédons produisant l’inoculum nécessaire pour contaminer les jeunes feuilles lors de l’irrigation par aspersion.
 
Feuille : présence de petites taches de 2 à 5 mm de diamètre, brun foncé et huileuses, sur le limbe et à la marge des feuilles externes. Les taches évoluent rapidement et deviennent plus ou moins circulaires à angulaires, humides et translucides, et noircissent progressivement. Les taches noires huileuses constituent un élément de diagnostic de la maladie. Les taches peuvent se regrouper et affecter la feuille entière qui devient jaune, s’affaisse puis meurt. Les symptômes sont observés à la face supérieure et inférieure. Sous des conditions humides, les taches évoluent rapidement vers une pourriture molle généralisée et en conditions sèches, elles deviennent pâles, diaphanes, et peuvent fendre ou tomber. La maladie peut progresser vers les feuilles du cœur.
 
Fleur et graine : présence de taches noires sur les fleurs et graines lors de la production de semences.
 
Tige : présence de taches noires. Occasionnellement, pourriture, faible développement et flétrissement sur de jeunes plants.
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Ne pas confondre
Les taches bactériennes causées par différents organismes peuvent être facilement confondues entre elles. Une analyse de laboratoire est requise pour les différencier.
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Cycle vital/épidémiologie
La bactérie hiverne sur les débris de culture infectée (environ 6 mois), les volontaires de laitue, la laitue sauvage (Lactuca serriola) et quelques mauvaises herbes dont la matricaire odorante (Matricaria matricarioides). Elle se conserve et se transmet par la semence (environ 3 mois) et demeure active, d’une année à l’autre, dans les parcelles infestées. Les semences contaminées permettent la propagation de la maladie sur de longues distances. Les transplants produits à partir de semences contaminées et le sol (environ 4 mois) servent également à la propagation de la maladie. Le champignon entre dans les feuilles par les stomates et les hydatodes lorsque les feuilles sont mouillées et occasionnellement par les blessures. Une fois la bactérie introduite dans les plants, il y a une phase initiale asymptomatique durant laquelle la bactérie se multiplie. Lorsque la population de bactéries est élevée, elles sont dispersées par les éclaboussures d’eau (pluie, irrigation par aspersion), le vent et les courants d’air vers d’autres feuilles de laitue ou des plants sains. Les feuilles externes humides logent la majorité des bactéries et constituent une source d’inoculum importante permettant la contamination des feuilles du cœur. Le développement de la maladie est tributaire des conditions environnementales. Elle préfère une température fraîche (environ 23 °C) et des conditions humides (pluie, irrigation) mais se développe également sous des conditions chaudes et en serre, laissant présager que l’humidité est un facteur plus important que la température pour le développement de la maladie. La bactérie se véhicule également par le système vasculaire de la tige (infection systémique), facilitant l’infection des fleurs et des graines.
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Méthodes de lutte
Pour prévenir le développement de la tache bactérienne, il faut utiliser des semences et des transplants sains, les variétés les plus résistantes, une eau d’arrosage de qualité, cultiver dans des sols bien drainés, assurer une fertilisation équilibrée et éviter de planter la laitue à proximité de cultures infectées. Réduire ou éliminer l’irrigation par aspersion. Assurer une bonne circulation d’air entre les plants en évitant les plantations trop denses et une lutte efficace contre les mauvaises herbes et la laitue sauvage. Éliminer les tissus infectés en cours de production et les débris végétaux, les enfouir profondément dans le sol. Faire une rotation des cultures (3 ans) avec des plantes non hôtes si le sol est contaminé. Le travail au champ doit se faire lorsque le feuillage est sec. Les risques de transmission de bactéries par contact sont élevés, nettoyer et désinfecter les outils, le matériel et les mains des travailleurs. Aucun bactéricide n’est homologué contre la tache bactérienne de la laitue.
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Références et liens
Blancard D., Lot H. & Maisonneuve B. (2003). Taches foliaires et pourriture de la pomme. Dans Maladies des salades – Identifier, connaître et maîtriser. INRA éd., Paris. p. 283-284.

Richard C. & Boivin G. (1994). Maladies à Xanthomonas (pourriture sèche ou flétrissement bactérien). Dans Maladies et Ravageurs des Cultures Légumières au Canada. La Société Canadienne de Phytopathologie et la Société d’Entomologie du Canada, Canada. p. 161-162. (https://phytopath.ca/wp-content/uploads/2014/10/MRCLC/ch11-laitue.pdf)

Subbarao K. V., Davis R. M., Gilbertson R. L. & Raid R. N. (2017). Bacterial Leaf Spot. Dans Compendium of Lettuce Diseases and Pests. 2è éd. APS Press, The American Phytopathological Society Press, St-Paul, Minnesota. p. 54-56.

https://www.agrireseau.net/legumeschamp/documents/Toussaint%20JH2008.pdf

http://ephytia.inra.fr/fr/C/5453/Salades-Xanthomonas-campestris-pv-vitians-taches-foliaires-et-pourriture-de-la-pomme

http://ucanr.edu/blogs/salinasvalleyagriculture/index.cfm?tagname=leaf%20spot
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