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  1. Pourriture sclérotique (syn. Sclérotiniose) - Soya
  2. Sclerotinia rot (syn. White mold)
Champignon :
  1. Sclerotinia sclerotiorum

Pourriture et mycélium blanc sur tige et gousse de soya

Brigitte Duval - MAPAQ

© Brigitte Duval - MAPAQ

Information reliée à l'image
Sur une tige de soya et une gousse (voir flèche), présence d’une pourriture humide couverte d’un mycélium blanc. Les graines à l’intérieur de la gousse sont pourries (non visible ici). L’examen visuel (pourriture, mycélium blanc) a révélé la présence du champignon Sclerotinia sclerotiorum, responsable de la pourriture sclérotique.
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Généralités
Sclerotinia sclerotiorum s’attaque à plusieurs plantes dicotylédones, dont le soya, les cucurbitacées, les crucifères, les apiacées, le haricot, la laitue et le pois. Chez le soya, la pourriture sclérotique est une maladie très importante. Elle est fréquente et sévère. Les plants sont infectés durant la floraison et les premiers symptômes apparaissent au stade R2 (pleine floraison) ou plus. La présence d’un mycélium blanc cotonneux sur tous les organes infectés est caractéristique de cette maladie. Des pertes de rendement sont imputables à cette maladie à la suite du dessèchement des plants, au mauvais remplissage des gousses et à la pourriture des graines.
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Symptômes
Feuille : deviennent vert grisâtre puis brunes, sèchent mais demeurent attachées à la tige, flétrissent puis meurent. Les symptômes foliaires apparaissent 7 à 14 jours après ceux de la tige.
 
Fleur : sont colonisées en premier et servent de base nutritive pour l’infection sur les tiges.
 
Gousse : présence d’une pourriture molle et aqueuse, d’un mycélium blanc cotonneux et de sclérotes noirs sur les gousses et les graines. Le développement et le remplissage des gousses sont réduits. Le pourcentage de graines infectées est généralement très bas.
 
Tige : les infections proviennent souvent d’un nœud situé 10 à 50 cm au-dessus du sol. Au départ, les lésions sont humides puis deviennent beiges à blanches et se développent vers le haut et le bas du nœud. Finalement, les lésions encerclent complètement les tiges et perturbent le transport de l’eau et des éléments minéraux vers les gousses. Des sclérotes se logent également à l’intérieur de la tige.
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Ne pas confondre
Chez le soya, cette maladie peut être confondue avec le dépérissement phytophthoréen (Phytophthora spp.), le flétrissement fusarien (Fusarium spp.) et le chancre des tiges (Diaporthe phaseolorum).
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Cycle vital
Le champignon survit dans les débris végétaux ou le sol principalement sous la forme de sclérotes (3 à 10 ans) ou de mycélium. Les sclérotes sont résistants à la chaleur (> 70 °C) et aux cycles de gel et dégel. Les infections se font lorsque la température est fraîche et humide. Au printemps, les sclérotes produisent alors des apothèces ou du mycélium. Lorsque la température varie entre 11 et 15 °C, les apothèces libèrent des ascospores qui sont transportées par le vent sur les tissus tandis que le mycélium infecte directement les tissus. Tous les tissus sains ou blessés peuvent être infectés. La maladie se développe lorsque la température se situe entre 20 et 25 °C et que le feuillage demeure mouillé pendant au moins 48 heures (humidité relative élevée ou rosée). Lors de la récolte, les sclérotes tombent au sol et le printemps suivant, contamine les semences, perpétuant ainsi le cycle de la maladie.
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Méthodes de lutte
Pour diminuer l’incidence de la pourriture sclérotique dans les sols, il faut privilégier les semences saines ou traitées avec des fongicides, les sols bien drainés et aérés, la rotation des cultures (3 à 5 ans) avec des plantes non hôtes (betterave, épinard, maïs, oignon ou céréales) et une lutte efficace contre les mauvaises herbes à feuilles larges qui sont des plantes réservoirs. Le délai de plantation peut influencer les infections et le développement de la maladie. Les cultivars à maturité hâtive sont moins enclins à la maladie que les cultivars à maturité tardive car la floraison est hâtive.
 
Il faut diminuer la densité du feuillage des plants afin d’assurer une meilleure aération, éliminer et enfouir les résidus de culture et éviter l’arrosage par aspersion jusqu’à la fin de la floraison. La lutte chimique est disponible mais son action est mitigée si plus de 25 % des plants sont infectés. La conservation des sols permet de diminuer l’incidence de la maladie car la viabilité des sclérotes diminue quand le sol n’est pas travaillé.
 
Il faut éviter toute contamination par les sclérotes lors de l’entreposage car le soya pour la consommation humaine pourrait être déclassé. La présence d’eau libre dans les entrepôts accroit le développement de la maladie par les sclérotes.
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Traitements phytosanitaires Références/liens
Bailey K. L., Couture L., Gossen B. D., Gugel R. K. & Morral R. A. A. (Eds) (2004). Pourriture à sclérotes (sclérotiniose) du soya. Dans Maladies des grandes cultures au Canada. 1ère éd. La Société Canadienne de Phytopathologie, Saskatoon. p. 176.

Hartmann G. L., Rupe J. C., Sikora E. J., Domier L. L., Davis J. A. & Steffey K. L. (Eds) (2015). Sclerotinia Stem Rot. Dans Compendium of Soybean Diseases and Pests. 5e éd. APS Press, The American Phytopathological Society Press, St-Paul, Minnesota. p. 59-62.

https://fieldcroppathology.msu.edu/extension-3/soybean/soybean-stem-diseases/sclerotinia-stem-rot-or-white-mold-sclerotinia-sclerotiorum/
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