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  1. Nématode des tiges et des bulbes (syn. Anguillule des céréales et des bulbes) - Ail
  2. Stem and bulb nematode
  3. Nématode : Ditylenchus dipsaci (syn. Anguillula dipsaci)

Faible développement des racines et pourriture du bulbe d'ail

Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

© Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

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Le bulbe d’ail provenant d’un champ est éclaté au niveau du plateau racinaire. Le plateau racinaire est bruni et pourrit de sorte qu’on pourrait facilement le séparer du bulbe. Le système racinaire est peu développé. Les tests de laboratoire ont révélé une forte présence du nématode des tiges et des bulbes Ditylenchus dipsaci. Le champignon Fusarium oxysporum a également été observé. Il est considéré comme un champignon secondaire, ayant profité de la présence des nématodes pour pénétrer dans les tissus.
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Généralités
Les nématodes sont des vers microscopiques, non segmentés, cylindriques, translucides et invisibles à l’œil. L’utilisation d’un microscope est essentielle afin de pouvoir les observer, car ils ne mesurent que 0,5 à 0,8 mm de longueur. Comme tous les nématodes phytopathogènes, les Ditylenchus sont munis d’un stylet leur permettant de s’alimenter.

Le nématode des tiges et des bulbes, Ditylenchus dipsaci, est un des nématodes les plus dévastateurs à l’échelle mondiale. Plus de 450 plantes hôtes sont sensibles. Au Québec, les principales cultures affectées sont les Allium (ail, oignon, poireau), les graminées (avoine, seigle, maïs), les plantes ornementales (cyclamen, hydrangée, jacinthe, lis, narcisse, primevère, tulipe) et les solanacées (pomme de terre, tabac). Cette maladie est occasionnelle, quoique de plus en plus fréquente, et peut être sévère. Elle peut causer des pertes économiques d’une grande importance, rendant les légumes invendables. Au champ, les symptômes sont distribués en foyer lorsque le sol est infesté et distribués aléatoirement lorsque l’infection est transmise par la semence. La dégradation des bulbes se poursuit lors de l’entreposage, même sur des bulbes qui étaient en apparence saine lors de la récolte.
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Symptômes
Plantule : renflement de la base des plantules, enroulement et déformation des feuilles. Les jeunes racines et le bulbe peuvent pourrir.
 
Feuille : chez l’ail, le jaunissement débute à l’extrémité des feuilles basales et progresse des feuilles basales vers le haut de la plante. Parfois la croissance est retardée et le plant entier peut dessécher. Sénescence prématurée. Chez l’oignon et le poireau, les feuilles sont jaunes, déformées, plus courtes et parfois élargies à leur base. Éclatement de la base du fût chez le poireau.

Bulbe : chez l’ail, les tuniques apparaissent humides et décolorées. L’intérieur des bulbes affectés présente des zones d’apparence aqueuse et spongieuse. De petites taches brunâtres éparses sont parfois observées sur les caïeux. Les bulbes atteints fendent et sont difformes. À un stade plus avancé, le plateau racinaire brunit, pourrit et se sépare du bulbe. Lors du séchage, les bulbes dont les caïeux sont infectés sont rabougris et légers. Chez l’oignon, les tuniques décolorées correspondant aux feuilles affectées sont aussi visibles à l’intérieur des bulbes. Les bulbes atteints fendent et sont difformes.
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Ne pas confondre
Ces dommages peuvent être confondus avec ceux causés par différentes maladies et dommages d’insectes.
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Cycle vital/épidémiologie
Les nouvelles infections commencent souvent à partir d’amas de larves momifiées contenues dans le sol, sur les résidus de culture, les semences ou les boutures infestées. Les larves momifiées peuvent survivre plusieurs années dans le sol (4 à 8 ans) lors de conditions adverses (dessiccation, gel, sol lourd). Ditylenchus dipsaci peut pénétrer à l’intérieur des tissus des plantes hôtes de diverses manières : en entrant par les jeunes tissus en croissance sous la surface du sol avant l’émergence, en s’insérant à la base des gaines foliaires ou plus haut sur le feuillage, ou en pénétrant par les stomates. Le climat frais (entre 19 et 23 °C, optimum à 21 °C) et humide est très favorable pour eux. À 15°C (entre 15 et 20 °C chez les plantes ornementales), ils mettront environ 21 jours pour compléter un cycle reproductif. Ditylenchus est presque inactif en dessous de 10 °C et au-dessus de 22 °C. Au cours de sa vie (54 à 75 jours), chaque femelle pondra entre 200 et 500 œufs. Durant son développement, ce nématode passe par quatre stades larvaires, tous semblables à l’adulte. Tous les stades, sauf l’œuf, peuvent infecter la plante et tous les accouplements se produisent dans la plante. Le quatrième stade larvaire est le plus important puisqu’il peut survivre pendant plusieurs années dans les sols ou les tissus morts, dans un état semi-desséché (anhydrobiose). À l’intérieur d’une seule saison, le nombre de nématodes présents peut être multiplié par mille.
 
Ditylenchus dipsaci attaque les parties aériennes et les bulbes, jamais les racines. Ils ne se développent qu'à l’intérieur des tissus (nématode endoparasite). À l'aide de leur stylet buccal, ils percent les cellules tendres du parenchyme et y injectent leur salive composée d’enzymes pectinolytiques (pectinases). Ces enzymes dissolvent la pectine qui cimente les cellules entre elles, libérant les liquides intercellulaires. Les tissus ramollis favorisent le déplacement des nématodes à l’intérieur de la plante, tout en créant un milieu propice à leur survie. La salive des nématodes contient aussi des substances susceptibles d’interagir avec les hormones de croissance de la plante, causant parfois des difformités chez les plantes. Les tissus affectés sont généralement envahis par des organismes secondaires d’origine bactérienne ou fongique, ce qui accentue la dégradation des tissus.
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Méthodes de lutte
Pour contrer le développement des nématodes des tiges et des bulbes, il est important d’utiliser du matériel sain (semences, bulbes, bulbilles, boutures, etc.) dans un sol sain ou stérilisé. Chez les Allium, un traitement des semences est souvent requis, ainsi qu’une longue rotation (4 à 5 ans) avec des plantes non hôtes (ex. : brassicacées, pomme de terre, carotte, laitue, épinard). Il faut arracher et détruire les tissus infestés laissés au champ, dépister chaque semaine, contrôler les mauvaises herbes, nettoyer les équipements et les entrepôts, éviter de contaminer les sources d’eau d’irrigation, les baissières et les sols avec un drainage déficient. Avant l’implantation d’une culture, il est recommandé d’effectuer un test de sol. Au Laboratoire de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ, le seuil agronomique de tolérance est de 10 nématodes par kilogramme de sol chez les Allium.
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Références et liens
Richard C. & Boivin G. (1994). Nématode des tiges et des bulbes. Dans Maladies et Ravageurs des Cultures Légumières au Canada. La Société Canadienne de Phytopathologie et la Société d'Entomologie du Canada, Canada. p. 213-214. (http://phytopath.ca/wp-content/uploads/2014/10/MRCLC/ch13-oignon.pdf)

Schwartz H. K. & Mohan S. K. (Eds) (2008). Stem and Bulb Nematode (Bloat). Dans Compendium of Onion and Garlic Diseases and Pests. 2e éd. APS Press, The American Phytopathological Society, St-Paul, Minnesota. p. 70-72.

http://www.agrireseau.qc.ca/Rap/documents/b01tn13.pdf

http://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Regions/Monteregie-Est/AV2012-2013/ppoint_guy_belair.pdf

http://www.appsnet.org/publications/potm/pdf/Mar11.pdf
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