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  1. Jambe noire - Pomme de terre
  2. Blackleg
  3. Bactérie : Pectobacterium atrosepticum (syn. Erwinia carotovora subsp. atroseptica)

Chancre noir au collet d'un plant de pomme de terre

Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

© Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

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Le collet d’un plant de pomme de terre porte un chancre noir. La moelle s'affaisse dans la région du chancre (non visible ici). Le plant était complètement flétri et brûlé. Les tests de laboratoire et de biologie moléculaire (PCR) ont révélé la présence de la bactérie Pectobacterium atrosepticum, responsable de la jambe noire chez la pomme de terre.
 
Le conseiller agricole mentionne que le champ complet est affecté. La pomme de terre était cultivée sur billon, dans un sol bien drainé. Aucune irrigation n’a été utilisée, la température et l’humidité relative ont été élevées au cours de l’été et qu’il y a eu un épisode de sécheresse.
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Généralités
La jambe noire est observée dans toutes les régions productrices de pommes de terre. C’est une maladie fréquente souvent accompagnée d’une pourriture molle. La jambe noire affecte surtout la tige tandis que la pourriture molle est observée essentiellement sur les tubercules. La jambe noire est causée par des bactéries appartenant aux genres Pectobacterium spp. et Dickeya spp. L’espèce P. atrosepticum est associée à la jambe noire de la pomme de terre tandis que P. carotovorum affecte de nombreuses cultures. En climat plus chaud, P. wasabiae est parfois recensé. Pectobacterium carotovorum produit des symptômes de la jambe noire sur la pomme de terre uniquement par temps chaud (30 et 35 °C). La jambe noire cause des pertes importantes dans les cultures de pomme de terre de semence et de consommation. La gravité de la jambe noire est tributaire de nombreux facteurs (cultivars, conditions de sol lors de la plantation (humidité, température), inoculum sur le planton, les conditions de croissance, etc.).
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Symptômes
Feuille : jaunissement, flétrissement et enroulement des feuilles. Dépérissement potentiel.
 
Tige : la partie inférieure de la tige prend une coloration brune à noire, débutant sous le niveau du sol, à partir de la semence. Une pourriture humide se développe et peut progresser vers les tiges au-dessus du sol, sur une distance variable. Les tiges infectées deviennent molles et humides (température humide) ou sèches et ratatinées (température sèche). La moelle se dégrade et prend une coloration brun pâle à noire. Aucun symptôme n’est parfois visible de l’extérieur (tige creuse). Le système vasculaire montre des anomalies de coloration, même en amont du chancre. Flétrissement d’une ou plusieurs tiges. Dans les cas sévères, les tiges cassent.
 
Collet : présence de chancre noir et affaissement des vaisseaux conducteurs et de la moelle.
 
Tubercule : légère coloration des tissus vasculaires à pourriture molle complète. Les tubercules infectés à partir des plants mères ont des lésions débutant au talon. Ces lésions sont déprimées, circulaires et noires. Une pourriture molle se développe ensuite dans les vaisseaux et la chair infectée parait d’abord blanche à crème puis a tendance à noircir en périphérie. La pourriture molle est humide et granuleuse. Les tissus affectés sont bien délimités des tissus sains par une ligne foncée à noire. Une odeur nauséabonde est parfois perceptible lorsque des bactéries secondaires colonisent les tissus dégradés. Lorsque les tubercules sont infectés par des bactéries présentes dans le sol environnant, les symptômes sont parfois localisés autour des lenticelles (pourriture lenticellaire). Le séchage peut bloquer le développement des bactéries dans les tubercules qui deviendront des sources d’inoculum s’ils sont destinés à être replantés.
 
Plant : rabougrissement des jeunes plants. Sur les plants plus âgés, le port du plant parait raide et érigé. Flétrissement et dépérissement complet des plants, prenant un aspect brûlé.
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Ne pas confondre
Sur les plants, la jambe noire peut être confondue avec la pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum – absence de sclérotes), le rhizoctone brun (Rhizoctonia solani – parfois petits tubercules aériens) et la flétrissure fusarienne (Fusarium sp. – flétrissement précoce).
 
Sur les tiges, la jambe noire peut être confondue avec le mildiou (Phytophthora infestans - absence de mycélium).
 
Sur les tubercules, la jambe boire peut être confondue avec le flétrissement bactérien (Clavibacter michiganensis subsp. sepedonicus) sauf que les tubercules ne présentent pas de pourriture vasculaire typique du flétrissement bactérien (anneau vasculaire affecté). Elle peut également être confondue avec la pourriture aqueuse (Pythium ultimum), la pourriture sèche fusarienne (Fusarium sp.), la pourriture rose (Phytophthora erythroseptica), le mildiou (Phytophthora infestans) et le gel. Dans le cas des infections causées par des oomycètes ou des champignons phytopathogènes, les tissus ne vont généralement pas se liquéfier comme cela peut être le cas pour les pourritures molles bactériennes.
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Cycle vital/épidémiologie
Les bactéries de la jambe noire sont d’abord liées à la semence contaminée et se logent dans le système vasculaire, les lenticelles et à la surface des tubercules. Elles peuvent également être propagée par les résidus de culture, les plantes hôtes (laitue, carotte, brassicacées, etc.), les mauvaises herbes (amarante à racine rouge, chénopode blanc, renouée persicaire, etc.), les opérations liées à la plantation (couteau pour le tranchage des semences, la manipulation des semences, l’équipement agricole, etc.), à la récolte et au tri et par l’eau (pluie, eau d’irrigation). L’infection est favorisée lorsque la cicatrisation des blessures est retardée. La pluie poussée par le vent disperse les bactéries vers les plants sains. Sans plante hôte, les bactéries meurent à l’intérieur d’une année. Les tubercules porteurs d’inoculum peuvent demeurer asymptomatiques si les conditions de développement de ces bactéries ne sont pas réunies.
 
À la plantation, un sol frais (10 à 15 °C) et humide favorise le développement de la jambe noire. Pectobacterium atrosepticum se développe bien dans les sols dont la température varie entre 10 et 20 °C. Lors de printemps frais et humide, les bactéries peuvent provoquer la pourriture des plantons avant ou juste après l’émergence des germes. La levée apparait inégale. Un printemps qui favorise l’émergence rapide des germes à partir de tubercules infectés produira des plants affaiblis qui montreront une pourriture noire sur la tige. Des plantons infectés peuvent se dégrader lentement et les bactéries libérées migrent alors vers les tissus vasculaires de la tige après que les germes ont émergé. Les bactéries peuvent aussi se multiplier dans les tiges, détruire les tissus vasculaires et la moelle et entraîner l’apparition des symptômes foliaires. Durant la saison de croissance, les bactéries provenant des plantons en décomposition et des tiges infectées sont dispersées par l’eau dans le sol et vers les nouveaux tubercules. Les symptômes peuvent se développer n’importe quand durant la saison, mais apparaissent généralement à la floraison lorsqu’une ou plusieurs tiges flétrissent soudainement. Les symptômes sont surtout visibles par temps très chaud. Les plants les plus affectés sont souvent localisés dans les baissières.
 
Lors de la récolte, les bactéries dans les tiges et les tubercules peuvent contaminer les tubercules sains. Les tubercules infectés peuvent pourrir durant l’entreposage et propager la maladie. Les populations de bactéries sont capables de se maintenir pendant six à sept mois d’entreposage au sein des lenticelles. Le printemps suivant, les tubercules infectés se décomposent lorsqu’on les met en terre et le cycle de la maladie se répète.
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Méthodes de lutte
Aucun traitement n’est reconnu pour le contrôle des bactéries causant la jambe noire. Seules des mesures préventives peuvent être mises en place. Ces mesures incluent :
 
  • L’utilisation de tubercules de semence certifiée. Comme les normes de l’ACIA n’incluent pas de tests de détection en laboratoire pour Pectobacterium spp. et Dickeya spp. pour les semences certifiées, le producteur peut décider de faire analyser en laboratoire ses semences. Des tests de détection des lots de semences sont actuellement offerts au Québec et aux États-Unis.
  •  Le choix de variété résistante est à privilégier. 
  • Le tranchage pouvant disséminer les bactéries, il est recommandé de planter des tubercules entiers. Dans le cas contraire, tous les équipements servant à couper doivent être nettoyés en profondeur et ensuite désinfectés avec un produit efficace contre les bactéries entre tous les lots et/ou variétés. L’eau utilisée pour la désinfection doit être récupérée et disposée de façon sécuritaire.
  •  Réduire les blessures lors de la manutention des pommes de terre et s’assurer que les tubercules tranchés sont bien subérisés avant leur plantation. 
  • Cultiver les pommes de terre dans des sols humides, bien drainés, ayant une température supérieure à 10 °C. Éviter de trop irriguer et éliminer les plants infectés, les mauvaises herbes et les volontaires. Faire une rotation des cultures (2 à 3 ans) avec des plantes non hôtes (céréales, graminées, plantes fourragères) et composter ou enterrer les rebuts de pomme de terre. Un bon contrôle des insectes, en particulier la drosophile, permet également de diminuer la dissémination des bactéries.
  •  Récolter les tubercules à maturité, éviter les récoltes en condition humide, les blessures, permettre la subérisation rapide des tubercules, éliminer les tubercules montrant de la pourriture et maintenir une température basse et de conditions aussi sèches que possible permettant de diminuer le développement de pourriture molle. Nettoyer et désinfecter avec un désinfectant antibactérien tous les équipements qui entrent en contact avec les pommes de terre.
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Références et liens
Banks E. (Ed) (2004). Blackleg, Aerial Stem Rot and Tuber Soft Rot. Dans Potato Field Guide - Insects, Diseases and Defects. Publication 823. Ministry of Agriculture and Food, Ontario. p. 87-93.
 
Hélias V. (2008). Pectobacterium spp. et Dickeya spp. de la pomme de terre : nouvelle nomenclature pour Erwinia spp., symptomatologie, épidémiologie et prophylaxie. Cahiers Agricultures, volume 17, numéro 4.

Richard C. & Boivin G. (1994). Jambe noire. Dans Maladies et Ravageurs des Cultures Légumières au Canada. La Société Canadienne de Phytopathologie et la Société d'Entomologie du Canada, Canada. p. 251-253. (http://phytopath.ca/wp-content/uploads/2014/10/MRCLC/ch16-pomme-de-terre.pdf)

Stevenson W. R., Loria R., Franc G. D. & Weingartner D. P. (Eds) (2001). Blackleg, Aerial Stem Rot, and Tuber Soft Rot. Dans Compendium of Potato Diseases. 2e éd. APS Press. The American Phytopathological Society Press, St-Paul, Minnesota. p. 10-11.

https://www.agrireseau.net/documents/Document_95653.pdf

http://plantdepommedeterre.org/index/jambe-noire-et-pourriture-molle

https://www.apsnet.org/edcenter/intropp/lessons/prokaryotes/Pages/Blacklegpotato.aspx

http://vegetablemdonline.ppath.cornell.edu/NewsArticles/Potato-Dickeya.html

https://potatoes.ahdb.org.uk/agronomy/plant-health-weed-pest-disease-management/blackleg-and-soft-rot
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