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  1. Roseau commun - Common reed
  2. Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud. (syn. Phragmites communis)
  3. Famille : Poaceae
  4. Plantes exotiques envahissantes, Mauvaises herbes des cultures

Colonie en bordure de champ

Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

© Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection - MAPAQ

Images de plante sur le terrain
Description
Le roseau commun est une plante vivace, originaire d’Eurasie. La tige est dressée et mesure de 1,5 à 2,5 m de hauteur, elle peut atteindre 4 m. Elle n’est pas ramifiée et persiste durant l’hiver. Des stolons se développent à partir de tiges tombées au sol ou à partir de rhizomes. Ils sont prostrés et comprennent de petites feuilles. Ils aident à disperser les colonies et peuvent croître de 10 à 15 m en une année. Des racines peuvent se développer à partir des parties submergées de tiges. Le système racinaire se compose de 2 types de rhizomes : horizontaux et verticaux. Les rhizomes horizontaux aident à disperser la colonie et mesurent de 1,5 à 2 cm de diamètre. Les rhizomes verticaux produisent les tiges et mesurent de 1 à 1,5 cm de diamètre.

Les feuilles sont planes et mesurent de 15 à 40 cm de long et de 2 à 4 cm de large. Le limbe est lisse et glabre. La gaine a des bordures pourpres, elle comprend quelques poils et ses marges se chevauchent autour de la tige. La ligule est ciliée et composée de poils de différentes longueurs variant de 1 à 10 mm. Des poils se retrouvent aussi aux rebords du collet. Il n’y a pas d’oreillettes.

L’inflorescence est une grande panicule mesurant de 15 à 35 cm de long et de 8 à 20 cm de large. Elle comporte de nombreuses branches et est souvent colorée de rouge pourpre à brunâtre, mais peut parfois être jaune à verdâtre. Les inflorescences persistent tout l’hiver sur les tiges. Les épillets sont garnis de nombreux poils blancs et soyeux mesurant de 6 à 10 mm de longueur. Les épillets mesurent de 10 à 18 mm de long et se composent de 3 à 10 fleurons sessiles, les plus bas sont mâles, les autres sont bisexués. Les glumes sont lancéolées, membraneuses et persistantes. L’inférieure mesure de 3 à 7 mm de longueur, la supérieure mesure de 5 à 10 mm.

Le fruit est un caryopse mesurant 9 mm de longueur. Chaque graine est accompagnée d’une touffe de poils soyeux.

Des pousses végétatives sont issues de rhizomes ou de stolons rampants à sa surface du sol. Elles sont de grande taille, pouvant mesurer plus de 20 cm de hauteur. Les nouvelles feuilles apparaissent enroulées sur elles-mêmes. Elles sont rigides avec la marge rude, effilées vers le sommet et finement pubescentes.
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Espèces semblables
Le roseau commun peut être confondu avec l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) au stade végétatif. L’alpiste roseau s’en distingue par sa ligule membraneuse d’environ 5 mm de long, par ses feuilles moins larges (jusqu’à 2 cm) et par sa panicule ouverte qui se contracte à la suite de la fécondation pour prendre l’aspect d’un épi de couleur paille.

Il existe une sous-espèce indigène de roseau (subsp. americanus) qui se différencie difficilement de façon visuelle. Elle se caractérise par son inflorescence moins volumineuse et de taille plus réduite. Cette plante n’est pas envahissante et elle est même en déclin localement.
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Conditions favorables
Le roseau commun est une plante exotique envahissante retrouvée aux abords de cours d’eau ou de lacs peu profonds, dans les fossés de drainage, les marécages et au bord des routes. Elle tolère bien les sols salins et infeste souvent les endroits perturbés par l’homme (emprises des autoroutes). C’est une plante qui préfère les endroits humides à très humides (au bord de l’eau) et qui a besoin d’une bonne luminosité et de températures chaudes pour sa croissance. Au contraire, les températures froides et le manque de lumière ralentissent sa croissance.
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Prévention et répression
La prévention de l’établissement du roseau commun est importante, puisqu’il est très difficile de l’éradiquer une fois établis :
  1. Dépister les fossés de drainage ainsi que le bord des champs et des chemins pour effectuer un inventaire des populations présentes sur la ferme.
  2. Éviter de laisser les endroits nouvellement perturbés avec un sol à nu puisque ces endroits sont propices à son établissement. Pour ce faire, ensemencer rapidement le sol avec des espèces végétales compétitives qui auront une croissance rapide et qui feront de l’ombrage au sol. Elles nuiront alors à la croissance des plantules de roseau commun.
  3. Couper les inflorescences avant qu’elles aient eu le temps de produire des graines viables pour empêcher la dispersion des colonies par les graines.
  4. Éliminer les stolons avant leur enracinement, ils permettent aux colonies de s’étendre de plusieurs mètres en circonférence s’ils ne sont pas détruits.
  5. Nettoyer la machinerie à la suite de travaux de sols effectués dans les zones où le roseau commun est présent pour prévenir la dispersion de fragments de rhizomes.
Il est ardu de réprimer le roseau commun, il importe de commencer sa répression dès l’apparition des populations, de poursuivre l’éradication sur plusieurs années et d’effectuer un suivi rigoureux des endroits infestés. Une combinaison de ces méthodes est à privilégier pour contrôler les populations :
  1. La coupe répétée des tiges va stimuler la production de nouvelles tiges et diminuer la vigueur des colonies. Elle devrait être réalisée toutes les 2 semaines pour obtenir des résultats satisfaisants.
  2. Appliquer une bâche de plastique et opaque au sol pour empêcher la croissance de la plante. Les pousses de roseau commun sont pointues et raides, elles peuvent percer la bâche si elle n’est pas assez résistante. La bâche devrait demeurer en place durant toute la saison de croissance pour obtenir de bons résultats.
  3. Lorsque de petites zones sont infestées, creuser le sol autour de la zone affectée pour retirer soigneusement tous les rhizomes et les racines. Combler et ressemer rapidement avec des espèces compétitrices qui couvriront le sol rapidement.
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Informations complémentaires
La plante forme des colonies denses qui peuvent contenir jusqu’à 325 tiges par mètre carré. Des sections de rhizomes, de stolons ou des fragments de tiges peuvent s’enraciner et former de nouvelles colonies. Un fragment de rhizomes de 10 à 20 cm a la capacité de former un nouveau plant. Les rhizomes et les stolons peuvent s’étendre sur plusieurs mètres en l’espace de quelques semaines, près de 70 % de la biomasse d’une colonie est constituée de racines et de rhizomes. Une inflorescence produit de 350 à 800 graines, dont seulement 3 à 7 % sont viables sous nos conditions. Les graines peuvent demeurer viables de 2 à 5 ans dans le sol.
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Potentiel de nuisance
Élevé : Canneberge
Moyen : Pâturages, Prairies
Faible : Maïs grain et fourrager, Soya
Références et liens
Bouchard C. J., Néron R. & Guay L. (1998). Guide d’identification des mauvaises herbes du Québec. Conseil des productions végétales du Québec, Québec. 253 pp.
 
Hazelton E. L. G. et al. (2014). Phragmites australis Management in the United States: 40 years of Methods and Outcomes. AoB Plants.

Invasive Phragmites – Best Management Practices. (2011). Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. 15 pp.

Mal T. K. & Narine L. (2004). The Biology of Canadian Weeds. 129. Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud. Canadian Journal of Plant Science. 84(1) : 365-396.
 
Ville de Sherbrooke
https://www.ville.sherbrooke.qc.ca/fileadmin/fichiers/environnementsherbrooke.ca/especes_exotiques/roseau_commun.pd
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